Un premier noyau d’une dizaine de familles du quartier de la Belle de Mai ont pris l’initiative de faire appel aux Pas Perdus dans le cadre des Maisons de l’Ordinaire et de la Fantaisie, pour créer un « jardin sur les toits », à la Maison Pour Tous/Centre Social de la Belle de Mai. La réalisation du Jardin d’Elles et ses Meubles en Hyper Bouture s’est déroulée sur 3 années durant lesquelles le toit terrasse fut aménagé pour en faire un lieu de vie, de jardinage, de rencontres et de jeux pour petits et grands.
La table et le salon mobiles à tonnelles colorées et «le ver solidaire», structure du mur végétal ont été inventés et conçus dans l’esprit du «Jardin de nos Rêves». Cette première œuvre a été inaugurée en chanson «c’est un jardin extra et ordinaire» et les visiteurs ont pu déguster cette année là les premiers légumes du printemps… tomates-cerise et amour en cage à profusion.
Extrait du magazine « De la terrasse au jardin » 2008, 2009, 2010. Il est disponible au Comptoir de la Victorine et à la Maison Pour Tous de la Belle de Mai
Greffes de meubles:
« Quand nous mettons nos mains dans la terre nous sentons le frémissement de l’air. La terre est lourde mais légère, elle coule entre les doigts par morceaux, molle, comme du sucre humide. L’odeur de la terre remplit la tête de souvenirs d’enfance, de la mémoire d’une existence suspendue.
Quand nous plantons des radis ou une laitue, nous nous rapprochons de ceux qui nous ont précédés. Nous mettons en terre une graine qui provient d’une plante qui provient d’une graine qui a été mis en terre par ceux d’avant.
Quand nous réemployons des meubles trouvés au coin des rues, d’une certaine manière nous récoltons les fruits d’un travail que d’autres ont accompli avant nous. Nous les ramassons et les plantons à notre manière avec enthousiasme et reconnaissance. Nous pratiquons des greffes de meubles comme d’autres pratiquent des greffes d’arbres fruitiers, afin de développer de nouveaux coloris, de nouvelles formes, un nouveau langage pour dire l’esthétique.
Inspirés et accompagnés par le groupe des mamans du toit-terrasse de la Maison pour Tous de la Belle de Mai, nous, artistes, subissons également des greffes d’idées audacieuses et pertinentes en étroite relation avec nos pratiques plastiques. C’est une hybridation qui produit en simultanée de multiples mutations.
Ces mutations, quand elles parviennent au fil du travail à se stabiliser, donnent alors naissance à de nouvelles œuvres. L’art est un perpétuel continuum et non un ensemble d’œuvres isolées. Le croisement de conception, la valorisation de l’inconnu, l’adaptation aux circonstances, nous essayons de tirer parti de toutes ces intempéries. Les extravagances du ciel sont pour nous une source d’innovation; trop de soleil – il faut faire la sieste, trop de pluie – il faut des bottes en caoutchouc. La vie est ainsi parsemée d’évidences.
Comme disait Marcel Duchamp, «il n’y a pas de solution parce qu’il n’y a pas de problème».
Guy-André, Jérôme, Nicolas et Dorine.
Les partenaires de ce projet sont:



